Jeudi 23 février 2012
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Le recensement est l’un des actes administratifs essentiel à l’étude d’une population. En l’étudiant on comprend mieux l’évolution d’une
société. Par bonheur on dispose sur Gresse de bon nombre de documents, en particulier des recensements de 1896 à 1946. Leur lecture épouse l’aventure de notre collectivité montagnarde à travers
les guerres, exodes, transformations et autres évènements locaux, régionaux ou même internationaux.
Ainsi, en 1896, 593 âmes peuplent notre commune dont 173 au village de
l’Eglise, 94 à la Ville, 60 à la Bâtie, 48 au Chomeil, 45 aux Deux, 35 à la Combe et aux Fraisses mais aussi 32 à Chauplane, 21 à Montrond, 20 à Uclaire, 13 au Puy, 8 au Bouchet les autres
habitant des hameaux ou maisons isolées comme à RifClard ou les Perrins. On peut noter qu’au Bouchet tous les habitants sont des « Claret », Jean étant le chef de famille, son épouse
Marine veillant sur leurs 6 enfants. L’instituteur public se nomme à l’époque Benjamin Faure, il a 33 ans et vit avec Louise Faure de 10 ans sa cadette avec laquelle il a eu 2 enfants ; 3
autres enseignants exercent alors sur la commune : Marie-Eugénie Lapassat, Marie-Joséphine Mondet et Elie Martin-Teysserre. Il y a alors 4
classes (55 garçons et 54 filles) à l’école de Gresse ! Le curé lui est un certain Jean-Antoine Porchet qui vit sous le même toit …que sa bonne Annette Jallut. Si l’immense majorité de la
population travaille dans l’élevage et l’agriculture on peut aller chez Maria Vallier ou Maria-Célestine Lambert se faire couper un veston, acheter du bon pain chez Emile Mouttet, faire réparer
ses chaussures aux bons soins de Casimir Martin- Dhermont ou encore soigner la poudre de sa perruque chez son épouse Julie. Quant à Marie-Sophie Girard, accoucheuse, elle a la lourde tâche malgré
ses 70 ans d’accompagner la venue des petits gressots fort nombreux à l’époque. Joseph et Rosalie Riondet fournissent la bonne farine nécessaire au boulanger ainsi qu’aux fours banaux. A la Ville
on trouve même un certain Jean Panico déclaré mineur de fond ; allait- il travailler à Susville ou La Mure tout en vivant à Gresse ? Nul ne le sait. Aimé Terrier assure de son côté la
quasi- totalité des services avec son épicerie achalandée de mille et un articles de toutes sortes. Brisou et Bérrièves sont surveillées de près par un dénommé André Emile Droguet,
garde-forestier de son état pendant que Cyprien Allouard prend soin des sabots des nombreux chevaux, ânes et autres mulets qui apportent leur force de travail à une population, on l’a vu,
largement occupée par les fenaisons et les labours. Leger Bec et Rose Bergery et Sérafine Durif sont loin de tout cela : ils sont rentiers et occupent leur temps en voyages et autres
visites… passant de temps en temps chez la modiste des Fraisses Louise Rochas se faire confectionner un couvre- chef de bon port et de bon aloi avant de sonner un des deux voituriers locaux pour
préparer au mieux leurs escapades.
Terminons ce billet par la remarque suivante : l’organisation solidaire mais fort hiérarchisée de notre communauté montagnarde à la fin du XIXème siècle comme le prouve la présence d’au
moins un domestique par hameau. Ainsi Léon Parrat, âgé de 16 ans à la Bâtie, Jeanne Martin, 11 ans au village de l’Eglise, Léon Ogier, 16 ans également à Chauplane, Léon Mouttet, 12 ans au Puy,
Paul Girard et Augustin Gachet, respectivement âgés de 13 et 14 ans à la Combe, Martin Martin aux Deux… tous aux bons soins de la population mais bien sûr la plupart du temps indigents et
corvéables à merci !
(Photographie aimablement prêtée par Daniel Garnier)
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