Les Réfractaires de Gresse.

Chroniques d'en haut                                                                                         



Discours prononcé à la Maison du Grand Veymont pour les 40 ans de la Station.



Fêter ses quarante ans c'est, paraît-il, fêter l'âge difficile : celui peut-être de la maturité mais aussi celui d'un certain bilan... Qu'avons-nous fait de ces années ? De quoi seront faites les quarante autres ? Pourrions-nous ne rien avoir à regretter ?


Fêter nos quarante ans aujourd'hui, dans cette maison du Grand Veymont, à Gresse, avec vous tous, c'est d'abord et avant tout un immense moment de fierté et de bonheur : notre station, votre station est d'âge mûr.

Les gressots et les amis de Gresse ne regrettent rien et si un bilan était à faire, il serait avant tout marqué sous le sceau d'une formidable aventure collective montagnarde.


Revenir quarante ans en arrière quand on en a quarante-huit est un exercice passionnant, et somme toute, assez aisé : les gens de ma génération ont encore en tête les bruits, les odeurs, les conversations d'alors...

« Vous savez pas, le mémé est devenu un peu fou...il quitte son travail à Grenoble pour monter...louer des skis ici !! ».

Les yeux ronds des parents, oncles, tantes et cousins autour de la table valaient alors leur pesant d'or.

Mémé Dhermont faisait partie de ces pionniers qui revenaient avec d'autres d'un bien trop long exode rural ; il avait quitté son pays pour s'en aller gagner sa vie loin de la terre où il été né... Il y avait même du formica et des cinés mais pas de Grand Veymont à Beauvert dans cette banlieue de Grenoble. Pas non plus de lièvres, de grives mais du poulet avec des débuts d'hormones difficiles à digérer.

Alors le retour, Mémé y pensait probablement depuis son départ du faubourg...
Son frère, Roger, lui avait bien préparé le terrain. Avec son ami André Bernard, boulanger-pâtissier à Paris, Bernard Deconinck le conseiller général et maire de Monestier de Clermont, Jo Martin le patron de Deux Alpes et Chaffred Goirand, Roger faisait partie des actionnaires les plus important qui créèrent avec des dizaines d'autres Gressots la GET en 1964 : le capital social était alors fixé à 300 000 francs (3 000 actions de 100 francs). Capital initial largement dépassé de plus de 30% du fait de la mobilisation massive de la population autour de ce projet.


Tout avait en fait commencé le 29 décembre 1964, en Mairie.


Le conseil municipal réuni sous la présidence d'Emile Mouttet s'était donné comme objectif d'exposer à la population le projet d'une station de ski sur le site de la Ville. La Caisse des Dépots était prête à apporter son concours pour financer l'urbanisation du secteur. Pour sa part la SADI (Société d'Aménagement de Département de l'Isère), se chargeait de l'opération en tant que maître d'œuvre ayant obtenu pour ce faire l'accord de Maurice Doublet Préfet de l'Isère.

Emile Mouttet et Georges Martin, élus visionnaires de l'époque n'avaient sans doute pas eu beaucoup de mal à convaincre les Gressots conquis d'avance : depuis 1947 le téléski de Bram Fan scellait déjà, à jamais, la vocation hivernale de Gresse.

Ce téléski situé à proximité de l'Hôtel Rochas avait été mis en place par les familles Martin, Cotte, Prayer et donc Jean Rochas, personnage haut en couleur, entrepreneur avisé qui, malgré un emploi du temps très chargé trouvait toujours quelques minutes pour nous accueillir nous, les mômes de sept ans pour nous offrir chaque jeudi un cadeau inestimable alors : une demi- heure de télévision noir et blanc dont un épisode de zorro et une crème glacée gratuite (en fait un bac entier de 5 l dans lequel Odile, Pierre et les autres plongeaient avidement munis chacun d'une cuillère à soupe...).


Mais revenons à cette réunion du 29 décembre 1964.


Outre l'information à la population, le conseil municipal donnait son accord pour que la concession exclusive des remontées mécaniques et de l'équipement soit donnés à la GET. La société s'était alors fixée comme mission de créer deux téléskis notamment vers Brisou ; ce serait là l'embryon de la future station.

Le célèbre architecte Mr Chappis, après une étude détaillée menée sur le terrain en octobre 1963 préconisait les aménagements suivants, je cite :

« La zone résidentielle sera implantée sur le versant sud-est du hameau de la Ville. Une remontée mécanique aboutira au-dessous du Pas de la Ville, desservant des pistes agréablement variées d'une dénivellation de 630 mètres. Compte-tenu de l'ombre portée du Grand Veymont, l'enneigement sera très favorable. Pierre-Blanche et le Rocher de Séguret offriront également un vaste domaine skiable ; vers le nord également le domaine s'étendra entre le Pas de Berrièves et la Jasse du Play sur 300 mètres de dénivellation. On peut également envisager une traversée routière du Vercors calquée sur le GR 91 avec laquelle on pourra relier en à peine 45 minutes Gresse et Corrençon... Je suis également très favorable à l'installation sur Gresse d'un Centre Montagnard de l'importance de celui de Bachat Bouloud ».


Pour quelques mois encore les cliquetis des perches de BramFam s'entendraient encore, même de l'épicerie de chez Blanc. Fernand, qui donnait ses premiers cours de ski, l'odeur de la laque passée sous les skis en bois arborant fièrement un coq bleu blanc rouge, les citrons limés de chez Rochas, les cris des enfants de la colonie qui logeait chez Yves Eyraud Dagany...


Le 29 juin 1965, les actionnaires de la GET étaient conviés pour une réunion constitutive à son siège social en Mairie de Gresse.

Bernard Deconinck et Emile Mouttet souhaitaient alors la bienvenue à une petite centaine de gressots mais aussi d'habitants du Canton, marseillais et autres estivants amoureux depuis la Libération de la région.
Les premiers administrateurs furent désignés à l'unanimité et par acclamation : Emile Mouttet  pour la Commune et les agriculteurs, Paul Prayer pour l'hôtellerie ainsi que Mrs Deconinck et Maillot expert-comptable.

Parallèlement les premiers travaux de nivellement débutaient pour les Alleyrons et le Blavet. Ces travaux étaient menés de main de maître pour une ouverture en décembre.
 Hélas les caprices de la météo en décidèrent autrement : ce n'est pas un manque de neige qui empêcha la première ouverture de la station mais un trop plein de neige ! Mr Gaudiot de la société Pomagalski avait pourtant tout calculé, rien n'y fit. Le premier janvier 1966 les premières perches s'évadaient enfin des téléskis du Blavet et des Alleyrons. Roger Dhermont et Mickey Giraud n'avaient bien sûr pas de chenillette pour damer ; ils eurent alors l'idée de construire un rouleau en bois. Accédant en haut des pistes par les remontées mécaniques, ils attachaient alors le fameux rouleau en bois derrière eux et redescendaient à ski...


La clientèle d'alors était bien moins exigeante que celle d'aujourd'hui !


 Ce qui n'empêchait nullement le Dauphiné Libéré du 24 mars 1966 de titrer : « Par une inauguration solennelle de ses remontées mécaniques, Gresse en Vercors prend rang parmi les stations d'hiver du Dauphiné ».
Journée radieuse que ce 24 mars au cours de laquelle on se remémore la disparition trop précoce du Docteur Cuynat avant de monter à la Ville couper le ruban symbolique.

 Les moniteurs de la station, Fernand Mourrier, Jean-Pierre Grillet et Jeannot Martin sont à côté d'Henri Freydier Président du Ski Club pour accueillir les personnalités.

 On reconnaît le Préfet, le Sénateur, les conseillers généraux, les maires du canton, des ingénieurs des Ponts et Chaussées et du Génie Rural, des représentants de la SADI, de Jeunnesse et Sports, des établissements Allibert...


Le Maire de Gresse pointe alors dans son discours « sa foi dans l'avenir à travers l'esprit de coopération existant ». Bernard Deconinck, avec lyrisme rappelle les différentes phases constitutives de la GET dont il est le Président : « Ainsi, dit-il, après la morne succession des dimanches d'auparavant, Gresse vient de connaître un hiver de joie, de vie, de résurrection ! ». Se doutait-il, ce brillant capitaine d'industrie en devenir que des centaines de dimanches allaient s'avérer radieux au cours des quarante années qui allaient suivre ?


Parallèlement les caprices de la nature qui avaient empêché l'ouverture de Noël 1965 condamnaient de façon définitive la remontée de Bram Fam : deux hivers sans neige sur les pentes de la Fayolette eurent raison des cliquetis des poulies. Celles-ci furent transférées sur un lieu plus propice, le terrain des Bessards. Entre temps, le rouleau bois de Roger et Mickey s'était transformé en une superbe chenillette « Track Master » d'un rouge flamboyant pour mieux damer la piste du Praz nouvellement ouverte.


Avec quatre remontées mécaniques, Gresse était devenue en deux ans une véritable petite station mais la pratique du ski d'alors ne peut lasser de surprendre... Nous louions skis et chaussures au faubourg, chez le Mémé, montions à pieds à la Ville, fiers comme Artaban de la paire de Semly ou de Trappeurs neuve à double laçage.

Parfois, le tube Citroën de la famille Grillet s'arrêtait et nous nous entassions sur les bidons de lait afin de gagner un peu de temps et quelques descentes...


Là encore reviennent les bruits, les odeurs de la fruitière, le temps de l'enfance et du bonheur, les descentes en bob avec Joël Freydier du Col de l'Allimas jusqu'aux Vorzes , les igloos dans le jardin Dambuyant, les bandes de coton bleu ciel cousues sur le fuseau bleu marine pour mieux ressembler quelques instants à Périllat ou à Killy...


L'histoire de la GET semble ensuite s'accélérer ; en 1968, c'est la  construction du téléski du Baby et celle du chalet du Ski Club dont les présidents successifs, Henri Freydier, Jean Bernard, Jean-Claude Riondet, Jean-Paul Causse ,

Jean-Pierre Grillet et actuellement Michel Pécoul ont toujours su, eux aussi depuis 38 ans entretenir la flamme ; flamme allumée dès 1934  et brillant de 1000 feux à travers les exploits de Klébert Algoud, Mickey et Monique Giraud mais aussi plus tard Fernand Mourier, Bernard Grillet, Patrick Boulkakoff, Christophe Grillet, Lionel Freydier et bien d'autres encore.

Un achat d'une seconde chenillette est décidé en 1969.

Cette année là, beaucoup s'en souviennent, c'est le grand éboulement sur la route menant de Gresse à Monestier qui handicape considérablement l'organisation de la saison : deux mois et demi d'interruption de trafic  et une circulation dérivée par la Bâtie.  Heureusement, l'excellent  enneigement de la période pascale atténua  l'effet désastreux de ce début d'hiver. Le dimanche 30 mars, le DL titre en page 5 « La route est ouverte pour Gresse en Vercors ; deux objectifs : deux mille lits, deux mille mètres ».

Six cent soixante millions de francs étaient prévus pour les voies routières, des services publics (gendarmerie, et pont et chaussées), une piscine, une patinoire et de nouvelles remontées mécaniques, de même qu'une salle hors sacs avec sanitaires et poste de secours pouvant accueillir 150 personnes.


Le Maire Emile Mouttet est photographié au pied d'un panneau « suivez la piste » et montre du doigt l'aménagement prochain du télécabine et des téléskis du Pas de la Ville.

La légende parle d'elle-même : « Voir plus grand et viser plus haut » !

Somme toute, et malgré l'éboulement, la saison 1969 est un succès.


Passer de 175 habitants à 2000 lits parait dans la nature des choses... L'installation d'un grand téléski à Pierre Blanche (1300m de long pour 360m  de dénivelé) est un projet déjà avancé et si on évoque toujours la côte 2000 du Pas de la Ville certains suggèrent déjà la construction d'équipements d'été comme une piscine ou des cours de tennis.

Pour nous, collégiens à Monestier, c'est l'époque où les Stratos sont remplacés par les Stratos 102 ; chacun cherche à échanger ses vieux VR 17 contre une paire de Dynamic 70... Les carres deviennent même élastiques !!


En 1972, les remontées de Pierre Blanche et Germaigne voient le jour.

C'est également  l'année de l'installation des établissements de l'APAS et de Rhône Poulenc futures Gentianes qui donnent un nouveau visage à la station.

 Le ski de fond n'est pas en reste et le foyer est installé dans le sous-sol du bâtiment de la Mairie. Pourtant cette année 1972 marque une des premières alertes sur le plan nivologique. Impossible d'inaugurer Pierre Blanche avant la mi-février à cause du manque de neige. La GET revoit ses résultats à la baisse et l'on commence déjà à évoquer une possibilité de recapitalisation.

Mais il faut moderniser l'outil et surtout répondre aux nouvelles tendances et exigences de la clientèle ; l'équipe de la GET s'étoffe, se professionnalise. Roger Martin devient le responsable incontournable d'une équipe de joyeux Gressots qui, si le travail est dur, conservent du temps pour la fête et la convivialité... Gilou, Eric, Moiroux, Bernard, Hubert, Thierry, Raymond, Jean-Luc, Patrick, Lucienne, Nini, Aimé, Guy... que de personnages qui mériteraient des romans. Les lycéens et les étudiants travaillent également dans la GET le premier et idéal employeur ; c'est ainsi que  poursuivants des études (et pour certains brillantes) tous sans exception auront un jour donné une perche, déneigé un portillon ou posé quelques jalons.


Le bruit de 1978, c'est sans aucun doute celui de la terrible avalanche du 2 février... Une coulée dévale tôt le matin de la Posterle pour venir terminer sa course aux pieds de la salle hors-sacs. C'est un vrai miracle qu'il n'y ait pas de victime !


En 1979, le premier télésiège est construit sur Gresse. En complément du Blanchon un nouveau départ du téléski de Pierre Blanche est reprofilé dans le champ de Fouillouse. 1979, c'est également une seconde année presque sans neige qui condamne de façon presque définitive la glorieuse GET.


C'est donc très naturellement que la vie de la station évolue en 1981 et que la GET devient société d'économie mixte après un apport communal de 54,5%  important et indispensable à la modernisation de l'outil. Dès 1982, le téléski du Praz (le grand téléski comme disait l'ami Raymond) est doublé puis en  1983 c'est au tour de celui des Bessards.


L'équipe municipale de Bernard Freydier qui a succédé à celle de Paul Prayer fait preuve d'un formidable dynamisme et se fixe des objectifs ambitieux en particulier une augmentation de la capacité d'accueil sur la commune de Gresse.

 C'est tout d'abord la société Férinel qui répondra aux propositions de la Mairie en créant les Centaurées. Puis en 1988 , c'est le projet « Dolomites » qui voit le jour : 4,5 millions de francs sont investis dans des canons à neige et 80 millions de francs le seront par des entrepreneurs privés dans un complexe para-hôtelier de plus de 1000 lits. Ces lits ont à l'époque comme vocation d'être confiés en gestion à des organismes privés en relation permanente avec des agences de voyage devant assurer un remplissage régulier. C'est l'époque du « forfait loisir » qui englobe quasiment toutes les activités de la station pour 855F en hiver et 755F en été.


En même temps que le télésiège de la Traverse, la commune de Gresse investit dans une piscine municipale, un cinéma, une halte-garderie, des terrains de tennis.


Passer de 11 remontées mécaniques en 1986 à un tel équipement deux ans plus tard nécessitera un coût d'environ 12 millions de francs : les skieurs peuvent alors se régaler sur les pentes de Pré-Levé, du Clos du Bouvier, de l'Ourson ou encore de Serre de Brure...


Les années 1990, 1991, 1992, restent encore dans toutes les mémoires comme cauchemardesques : absence quasi-totale de neige et situation financière  catastrophique résument ces trois saisons pendant lesquelles, Gresse  comme bien d'autres devra et saura faire le gros dos et obtenir les aides nécessaires du Département de l'Isère et de l'Etat.


Ce sont également les années « Dolomites » avec les soirées du Chauplane, les stages du FCG à Gresse, les nuits de l'Aventure...


De 1992 à 1995, malgré une activité et un chiffre d'affaire en hausse induits en grande partie par l'augmentation du nombre de lits sur la station, la SAEMGET se retrouve à bout de souffle.

Le 17 novembre 1995 voit la troisième mutation de la SAEMGET qui devient Régie Municipale de Remontées Mécaniques.

 Sous la conduite du Maire Jean-Pierre Garnier, la municipalité s'attache à moderniser l'outil de travail, à renégocier les emprunts contractés six ans plus tôt et à donner à la station de Gresse un statut définitif de site neige sécurisé du Trièves et du grand Sud Isère.

Cette période, malgré toutes les améliorations apportées est malheureusement marquée par un accident terrible...


En 2001, la situation financière de la Régie Municipale des Remontées Mécaniques est très délicate : la trésorerie quasiment absente et la manne financière provenant du budget général de la commune très limitée du fait de la mise sous tutelle depuis 1992 des budgets communaux par la Chambre Régionale des Comptes.

La municipalité va s'attacher dans un premier temps à combler le déficit par l'obtention d'aides importantes négociées avec le Conseil Général de l'Isère et le Ministère de l'Intérieur. 5,5 millions de francs sont obtenus en quelques mois, cette somme permettant de combler d'une part le déficit de trésorerie de la Régie et d'autre part de sortir des fourches caudines de la Chambre Régionale des Comptes.

Dans un second temps, une rationalisation du domaine  skiable sera effectuée en fermant de façon définitive trois de nos remontées

Dès lors, il est établi, que ces aides seront les dernières à être obtenues directement de la part du Département, une prochaine contribution ne pouvant être que contractuelle.

Gresse et Château-Bernard joueront à partir de 2002 un rôle moteur dans la mise en place d'une Charte d'Objectifs dans laquelle communes, Département et autres partenaires s'engagent sur des initiatives quinquénales, évaluées et évolutives.

Elles seront les premières dans l'Isère à signer avec le CGI la Charte du 18 décembre 2003 dans laquelle s'engouffreront avec bonheur les autres communes du Balcon Est. L'esprit de la GET souffle donc encore et toujours sur la Ville : augmentation du parc des canons à neige avec 6 hectares supplémentaires de neige de culture et 17 nouvelles perches, travaux de pistes et de Catex, éclairage du Praz, gare débrayable à Pierre-Blanche, V3 des télésièges, tremplin de saut à ski grâce au Ski Club et prochainement un lac artificiel de 9000 m3 sur le terrain des Barres...


Cet esprit GET, il existe depuis 40 ans grâce à vous tous.


Il ne pourra perdurer qu'à certaines conditions.


 Le premier contrat d'objectifs venant de s'achever pour un total de subventions de 635 000 euros obtenus par notre commune de Gresse, il faut déjà travailler sur le contrat 2006/2011.

 Le taux d'aide de 56% que nous avons obtenu est vital pour le devenir de l'activité économique locale : il faut que le Conseil Général de l'Isère s'engage de nouveau et rapidement à nos côtés.


Il faut également poursuivre dans la voie d'une diversification touristique multisaison complémentaire avec les autres activités du Balcon Est et du Trièves.

La maîtrise de l'outil est aussi une problématique qu'il nous faudra aborder de façon sereine mais sans équivoque dans ces prochaines années : 4000 lits, 60 emplois directs dont 60% pourvus par des employés extérieurs à Gresse ne pourront plus être bien longtemps gérés de façon pérenne à un seul niveau communal. Il est donc urgent de porter le débat à un niveau au moins cantonal, la Communauté de Communes disposant de la compétence économique.


La nouvelle territorialisation que le Conseil Général de l'Isère souhaite mettre en place doit, quant à elle, prendre en considération la spécificité du Balcon Est ainsi que son poids démographique et économique par rapport au reste du Trièves. Nous allons continuer à nous battre dans ce sens avec l'Association des Maires de l'Isère et l'Association des Stations Communes de Montagne.

Enfin, le partenariat mis en place avec Château-Bernard doit s'étoffer et se consolider pour que la dynamique Balcon Est devienne une véritable référence touristique.


Il me reste à remercier, avant de terminer ce propos, toutes celles et ceux qui ont contribué à ce que la GET devienne, 40 ans plus tard, comme Frigidaire, un nom générique : on travaille ou on a travaillé à la GET...


Merci à tous les employés de la GET qui depuis 1965 ont participé à l'aventure.

Merci à tous les employés municipaux qui ont toujours contribué avec talent et dévouement aux activités de la station.

Merci à toutes les équipes municipales et leur Maires sans lesquels rien n'eut été possible.

Merci aux touristes et amis de Gresse qui nous font depuis si longtemps confiance.

Merci aux différents partenaires, et élus qui ont soutenu et aidé la GET à des périodes difficiles ou il est rapide de compter ses amis et ses soutiens ; merci en particulier à Didier Migaud, Gérard Arnaud, Thierry Vignon et Roger Pellat Finet.

Merci au Comité d'Organisation de ces 40 ans qui s'est mobilisé depuis plusieurs semaines sans compter avec l'équipe de l'Offfice du Tourisme.

Merci à toutes les associations et professionnels de Gresse qui ont bien voulu se joindre à nous pour cette célébration ainsi que pour toutes les animations prévues sur cet hiver 2005/2006.


Mes chers amis, je vous propose avant de terminer de faire comme Bruel : et si on se donnait rendez-vous dans 10 ans, même jour, même heure même GET, non pas sur la Place des Grands Hommes mais dans cette salle hors-sacs pour se retrouver une fois encore autour du verre de l'amitié ?


Vous le méritez bien, vous qui êtes, comme l'écrivait Jules Vallès dans « Les Réfractaires » de la race des gens qui «  au lieu d'accepter une place que leur offrait le monde, ont voulu s'en faire une tous seuls, à coup d'audace et de talent ».

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